La revue de presse d'Algérie en Mouvement du 9 Janvier 2021

 Par Lynda Abbou

 Capture décran 2020 11 14 à 09.11.54

Le tribunal militaire de Blida, en Algérie, a acquitté samedi 02 janvier 2021, les deux anciens patrons des renseignements, Mohamed Mediène, dit Toufik, et Bachir Tartag, la secrétaire nationale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, et l’ex conseiller à la présidence de la république, Saïd Bouteflika, dans l'affaire de  « l’atteinte à l'autorité de l'armée et complot contre l'autorité de l'Etat ».

Depuis cet acquittement les appels à l’élargissement des détenus d’opinion se sont multipliés. « De plus en plus des voix s’élèvent pour réclamer la libération des détenus d’opinion et politiques en Algérie et l’arrêt des poursuites contre les activistes, en pointant les conséquences sur l’image et la crédibilité du pays à l’étranger » a noté TSA.

Le jeune artiste et militant du Hirak, Walid Kechida, a été condamné, cette semaine, à 3 ans de prison ferme par le tribunal de Sétif. Les trois détenus d’opinion, en l’occurrence, Mohamed Tadjadit, Khimoud Noureddine et Benrahmani Abdelhak ont été transférés à l’hôpital mardi, suite à une grève de la faim qu’ils ont entamé à la prison d’El Harrach, depuis le 27 décembre 2020. Des évènements qui ont secoué l’opinion publique en Algérie. 

« On ne peut parler d’une Algérie nouvelle avec des détenus d’opinion, des lois liberticides» a encore titré TSA :  « dans le prolongement des chantiers politiques pour 2021, il faut ajouter que des détenus d’opinion attendent toujours un procès équitable. Et on ne peut parler d’une Algérie nouvelle avec des détenus d’opinion, avec des lois liberticides mais aussi une fermeture du champ médiatique qu’on a surtout ressentie pendant la campagne pour le référendum (sur la Constitution du 1er novembre 2020) ».

Dans le même sillage la presse nationale a parlé cette semaine, des conditions de vie en milieu carcéral notamment pour les détenus d’opinion. « Surpopulation, matelas au sol, crasse, couffins interdits, visites limitées, les détenus d’opinion et leurs familles décrivent des conditions d’incarcération inhumaines » li-t-on  dans un article du quotidien Liberté,  titré « Conditions de détention des militants et activistes ; témoignages glaçants ».

« Depuis la proposition d’aide financière de l’activiste incarcéré Rachid Nekkaz, pour le budget alimentaire de la prison de Koléa ou il est incarcéré actuellement, les langues se délient sur la sous-alimentation dans les prisons algériennes » » a rapporté Radio M dans un article titré « Conditions de vie en milieu carcéral : les détenus algériens au bord de la famine ».

« Selon des militants des droits humains, le droit à l’alimentation convenable relève des droits fondamentaux, et la loi stipule que « la prison est la privation de la liberté pour une durée qui soit proportionnelle à la faute, au crime..» « Pour le reste, le détenu garde ses droits fondamentaux et il est de la responsabilité de l’Etat de les respecter et de les faire respecter » a noté le média électronique.  

Dans une déclaration rapportée par Liberté, la secrétaire national du PT, Louisa Hanoune a signalé que «  si le Président veut démontrer ses bonnes intentions, il n’a qu’à donner l’ordre de libérer tous les détenus pour mettre fin à l’arbitraire et à l’injustice pour un retour à l’apaisement ».

En revanche,  Tebboune maintient sa « feuille de route », selon un titre du journal francophone Liberté. « Avec le très peu de crédibilité dont elle jouit, la promulgation de la nouvelle Constitution par le chef de l’État, est perçue par certains comme un « défi » contre la majorité écrasante des Algériens qui l’ont pourtant massivement rejetée, lors du dernier référendum » est-il souligné dans ladite source.

« Rejetée également, dans la forme et dans le fond, par l’opposition qui n’a cessé d’appeler à un processus constituant et transitoire, le régime en place semble tenir bon gré mal gré à mener jusqu’au bout sa feuille de route avec, en perspective, l’organisation des élections législatives qui devraient intervenir après l’adoption de la future loi électorale et la loi sur les partis » note le journal.

Pour le militant politique et président de l’association Rassemblement action jeunesse (RAJ), qui a signé une contribution publiée sur TSA, « ce qui reste de l’élite, avec toutes ses composantes, est aussi interpelé plus que jamais à assumer sa responsabilité devant l’histoire et devant le peuple pour rattraper le retard et créer le rapport de force dans la société, donner un nouveau souffle au Hirak, l’inscrire dans la durée, et contribuer à son prolongement politique, en conjuguant ses efforts, en trouvant des compromis, en apprenant à discuter, à s’écouter et à dialoguer, afin de sortir en urgence avec une feuille de route consensuelle, réaliste, reflétant les attentes des millions d’Algériens qui sont sortis depuis février 2019 pour la liberté, la démocratie et pour instaurer un État de droit et de justice sociale ».

 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail
 
What do you want to do ?
New mail