La revue de presse d'Algérie en Mouvement du 29 Novembre 2020

 Par Lynda Abbou

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Le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad, a affiché son insatisfaction du rendement de son staff. Il a dressé, mercredi dernier, un constat sans appel de l’action de son équipe et les principaux dysfonctionnements qui caractérisent un bon nombre de secteurs.

Abdelaziz Djerad a ainsi emboîté le pas au président Abdelmadjid Tebboune qui, avant de s’envoler pour l’Allemagne afin de poursuivre ses soins, a distribué «des bons et des mauvais points à l’Exécutif» .  « Il a tancé plusieurs de ses ministres : Abdelaziz Djerad insatisfait du staff gouvernemental » a titré El Watan .

Sur le même sujet, Liberté a écrit que « le recadrage des membres du gouvernement par le Premier ministre qui s’ajoute aux critiques formulées par le chef de l’État est le signe que l’Exécutif prend l’eau de toutes parts ». « Son éventuel changement fait paniquer ses membres » souligne le quotidien.

« Le gouvernement de Abdelaziz Djerrad est depuis quelques mois sous le feu des critiques de la majorité parlementaire héritée de l’ancien régime. Des ministres et le Premier ministre, lui-même, subissent les foudres de certains députés et sénateurs. Ce sont notamment les élus du FLN et du RND qui s’acharnent, depuis quelques semaines, contre les membres de l’Exécutif » li-t-on sur El Watan.

Loi électorale

La Commission nationale chargée d’élaborer le projet de révision de la loi électorale a opté pour un nouveau mode de scrutin, principalement pour lutter contre la corruption dans la politique. « Il s’agit donc de faire barrage à la logique de la «vente» des «têtes de liste» de candidature.

Le scandale inhérent à ce phénomène a éclaté à l’occasion du procès impliquant l’ancien député Baha Eddine Tliba, qui s’est tenu en septembre dernier, qui avait accusé le PFLN, son parti, de «céder», lors des législatives de 2017, les premières positions dans les listes (tête de liste) au prix de sept milliards de centimes » rapporte El Watan.

Mais l’obligation des 4% de voix récoltées lors d’une précédente élection semble poser problème à plusieurs partis politiques et dynamiques de la société civile qui veulent prendre part aux prochaines législatives. Cependant les membres de la Commission nationale chargée de l’élaboration du projet de révision de la loi organique portant régime électoral, d’Ahmed Laraba, ont relevé mercredi que « les nouveaux partis et les candidats libres ne sont pas concernés par cette mesure ». Ils ont également fait observer que ce volet fait l’objet d’un « large débat en ce moment » indique Radio M.

Dans le même sillage, la politologue Louisa Dris-Aït Hamadouche, a expliqué dans un entretien accordé à El Watan que «  la crédibilité d’un scrutin ne dépend pas uniquement de la loi électorale. Dans l’absolu, même si cette loi établissait un régime électoral proche de la perfection (ce qui n’est pas le cas), elle ne suffirait pas à garantir cette crédibilité. En effet, cette crédibilité commence techniquement par la garantie des libertés individuelles et collectives et par l’ouverture de l’espace public et médiatique au pluralisme de la société.

Tout cela doit être garanti par la force et l’impartialité d’une justice indépendante, qui veille à appliquer la loi, même imparfaite, pour tous. La crédibilité d’un scrutin a besoin que l’opinion publique soit convaincue que l’alternance politique est possible, sans violence ni fraude ».

Mémoire

Remis au président français, le rapport Stora a ouvert le débat « en France, en Algérie et entre les deux rives sur la possibilité de parvenir à une paix des mémoires. Un exercice, certes, difficile, mais nécessaire si l’on veut éviter de rejouer la guerre en permanence » a noté Liberté.

L’auteur et chercheur en histoire, Hosni Kitouni, fils de Abdelmalek Kitouni, officier de l’ALN tombé au champ d’honneur durant la guerre de libération a déclaré lors d’un entretien accordé  à El Watan que « ce qui nous importe, c’est le jugement que nous portons nous-mêmes sur la colonisation. De savoir précisément quelle histoire nous devons écrire là-dessus ».

L’historien chercheur-associé au CRHIM (Lausanne), Pascal Blanchard a déclaré au même journal, qu’il considère que le rapport de Benjamin Stora sur les mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie «vise en premier lieu à faire évoluer le débat mémoriel en France. Condition essentielle pour que les relations avec l’Algérie changent demain.

 « Explosion sociale »

« Plusieurs mouvements de protestation ont été signalés ces derniers temps, notamment dans le milieu professionnel. Que ce soit dans le secteur public ou privé, avec les difficultés que rencontrent de nombreuses entreprises, et non des moindres, ou dans l’administration, de plus en plus de travailleurs recourent aux sit-in ou grèves pour faire entendre leurs voix. Dans la quasi-totalité des cas, il s’agit de revendications socio-économiques » a signalé El Watan. Interviewé par ce dernier, l’expert en ressources humaines, Mahrez Aït Belkacem a fait savoir que selon lui « Les ingrédients d’une explosion sociale sont réunis, mais sans verser dans un optimisme béat, je pense qu’il est plus maîtrisable de faire face à la crise sociale, pour peu qu’on soit lisible dans sa démarche et qu’on propose aux partenaires sociaux des démarches inclusives et basées sur la confiance » a-t-il expliqué.

 
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