La revue de presse d'Algérie en Mouvement du 29 Novembre 2020

 Par Lynda Abbou

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Les déclarations du président français Emmanuel Macron concernant son « soutien » au chef de l’Etat algérien Abdelmadjid Tebboune, ont suscité la réaction des algériens pendant cette semaine. Ces déclarations ont été interprétées par certains comme une « ingérence » parfois « pire ».

« Ceci n'est pas une simple ingérence mais la révélation que la France est aux manettes d'une feuille de route pour notre pays » avait réagi le président du parti politique de l’opposition Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). Le politologue Cherif Driss a également expliqué sur l’un des plateaux de Radio M, que Macron aurait soutenu plutôt une feuille de route politique qu’une personne du système en Algérie.

« Vos propos sur l’Algérie dans l’entretien que vous avez accordé au journal « Jeune Afrique » ne me laissent guère indifférent ; non seulement ils démontrent que la position officielle de la France à l’égard de l’Algérie est restée inchangée, mais plus encore, ils réaffirment l’attachement viscéral des autorités françaises à l’idée que le pouvoir algérien reste et demeure un allié incontournable et prétendument seul garant de la stabilité de l’Algérie », c’est avec ces mots que le coordinateur de l’Union démocratique et sociale (UDS), Karim Tabbou a chargé le président français Emmanuel Macron. Il l’a accusé de « mauvaise foi » et « d’hypocrisie politique ».

« Macron, l’invité surprise »,  est le titre de la chronique de Mustapha Hammouche sur Liberté qui note qu’hier, Macron « nous appelait à nous libérer des fantasmes d’une décolonisation mal assimilée, aujourd’hui, il nous délivre un pur extrait de la pensée néocoloniale ».

Des réactions qui ont fait écho en Algérie comme en France, Le Parisien a titré un article « Macron sous le feu des critiques après son soutien au président algérien ». « Une déclaration qui ne fait pas l'unanimité. Soutien à un président « courageux », « transition » et « stabilité » : en quelques mots Emmanuel Macron a enflammé une relation qu'il s'efforçait d'apaiser avec l'Algérie, braquant l'opposition politique et les médias algériens contre lui » li-t-on sur le journal français.

La polémique sur les déclarations de Macron n’a pas encore fini quand une nouvelle polémique sur Le Parlement européen qui a adopté une résolution d’urgence sur l’Algérie jeudi a commencé.  Dans une réaction publiée sur Facebook, le président du parti politique Jil Jadid, Soufiane Djilali a estimé que « la résolution du parlement européen est un affront à l'honneur des Algériens et une tentative de mise sous protectorat de l'Algérie ».  « Aux patriotes de protéger notre souveraineté » at-il ajouté.

En revanche et sur le même réseau social, Tahar Khalfoune, souligne qu’une « deuxième résolution du Parlement européen sur l’Algérie en un an est un signal important qui devrait conduire la communauté internationale à une action publique plus forte ».

« L’absence de Tebboune rappelle l’époque de Bouteflika »

Le peuple algérien ne dispose pas d’informations claires et réelles sur l’état de santé du président Abdelmadjid Tebboune. En l’absence d’images, les rumeurs les plus alarmantes sont propagées par les réseaux sociaux. « Un scénario qui rappelle les heures Bouteflika » selon les observateurs.

Les médias étrangers aussi font la comparaison ! « Algérie : un président hospitalisé, un pays à l'arrêt » est le titre du magazine  28 Minutes – ARTE publié sur Youtube, qui commence par une voix off indiquant «  une absence prolongée qui rappelle les années Bouteflika, lorsqu’un président fantôme dirigeait le pays entre deux hospitalisations ».

Dans ce sillage, le journalise Abed Charef a publié une contribution sur « la lourde responsabilité du Conseil Constitutionnel » et son rôle dans la déclaration de l’incapacité de Abdelmadjid Tebboune à exercer ses fonctions. « Si le conseil constitutionnel reste silencieux lorsque le président Tebboune aura bouclé 45 jours d’absence, délai constitutionnel d’un intérim du chef de l’Etat, le pays sera contraint de repartir à zéro, et de se demander à quoi sert un conseil constitutionnel » a-t-il écrit.

« Des soignants engagés dans la lutte contre le coronavirus, au bord de la dépression » 

Par ailleurs, l’économiste Mahfoud Kaoubi a analysé sur El Watan les faiblesses de la loi des finances 2021 à la lumière des choix trop risqués faits par l’Exécutif alors que la situation, aggravée par la crise de la pandémie et son corollaire, la récession mondiale avec toutes les incertitudes qu’elle comporte, exigeait plutôt plus de rigueur dans sa conception et une franche volonté de mettre le holà aux multiples foucades sans lendemain. « Le recours au financement extérieur sera inéluctable dans 18 mois » a noté l’économiste.

En plus de l’aspect économique les médias ont mis l’accent cette semaine sur les conséquences que provoque la crise sanitaire sur le plan psychologique.   Le corps médical a enregistré 139 décès à cause de la Covid-19,  et le président du SNPS, Dr Lyes MERABET, avait déclaré sur El Watan qu’il est urgent de garantir un suivi médical et psychologique aux professionnels de la santé.

Le quotidien Liberté a publié tout un dossier sur les traces psychologiques que laisse la crise sanitaire sur les personnes. « État de santé mentale des soignants engagés dans la lutte contre le coronavirus. Au bord de la dépression », c’est un titre de l’un des articles du dossier en question. « Les rapports dressés par des psychologues mobilisés au sein d’unités Covid sont poignants, voire bouleversants. Le personnel médical qui y est affecté est au bord de la dépression et a besoin urgemment d’un accompagnement psychologique » alerte l’auteur de l’article.

 
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