La revue de presse d'Algérie en Mouvement du 29 Novembre 2020

 Par Lynda Abbou

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Après la résolution du parlement européen sur la situation des libertés au pays, les autorités algériennes ont multiplié les communiqués de dénonciation. Elles ont critiqué cette démarche jugée comme « ingérence ». 

Mais lors de son passage dans l’émission politique Cinq sur cinq de Radio M, l’avocat et expert algérien en droits de l’homme établi au Canada, Sofiane Chouiter, a déclaré que « le pouvoir algérien a un double discours dans sa communication concernant la résolution du parlement européen ». Le chargé d’affaires à la Mission algérienne auprès de l’Union européenne (UE), M. Toufik Mahi a adressé une lettre au président de la délégation pour les relations avec les pays du Maghreb au sein du Parlement européen, dans laquelle il l’informe que l’Algérie travaille pour l’amélioration de la situation des droits de l’homme. Sur Radio M, Chouiter Sofiane, signale que les deux actions révèlent qu’il y a un double discours chez le pouvoir algérien qui fait des communiqués pour l’opinion publique nationale d’un côté et d’un autre côté des correspondances diplomatiques avec un autre ton !

Dans une contribution sur Facebook, Lahouari Addi a expliqué que « la résolution du Parlement Européen est la plus grande défaite diplomatique du régime algérien depuis l'indépendance du pays. La diplomatie algérienne a toujours eu pour souci de montrer à l'opinion et aux institutions internationales que le régime est respectueux d'une constitution d'un Etat de droit, et surtout que l'armée est sous les ordres du président élu démocratiquement par la population. Cette fiction a perdu de son efficacité, usée par des années de gestion autoritaire, et surtout mise à nu par le slogan exprimé par des centaines de milliers de hirakistes: dawla madania, machi 'askaria » .

Pour le politologue, Mohamed Hennad, la résolution paraît excessive. « Quoi que l’on dise, l’Algérie n’est pas cet enfer qu’elle nous donne à voir » a déclaré le politologue à El Watan.

Dans le même journal, le militant des droits de l’homme, Saïd Salhi, a souligné qu’après « un hirak pacifique et exemplaire de plus de 20 mois qui a mis les droits humains au centre du combat pour la dignité et  la liberté, la situation a régressé : les droits fondamentaux que nous avons considérés acquis sont aujourd’hui menacés. Même si le gouvernement continue encore dans son déni, la réalité est parlante d’elle-même ».

Cette actualité politique intervient au moment où le Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune est absent depuis plus d’un mois. Dans un article titré « Urgence institutionnelle, sur Liberté, il est noté que « l’absence du chef de l’État pour des raisons de santé risque de charrier un nouvel épisode de fragilité institutionnelle, si elle venait à se prolonger et surtout à ne pas être accompagnée par un effort communicationnel ciblé et efficient. Les communiqués officiels injectés épisodiquement à travers les médias publics, pour assurer de “la bonne évolution” de l’état de santé du Président, ne participent, faut-il le croire, que piètrement à rassurer le plus grand nombre d’Algériens ». Dans un blogue publié sur Radio M, le journaliste Ihsane El Kadi a estimé que « sans Gaid Salah, l’ANP revient à la délibération de 2018, sans chef politique ».

Revenant sur la situation économique et financière du pays, Abderrahmane Benkhalfa, ex-ministre des Finances et envoyé spécial de l'Union africaine, a mis en avant, dans un entretien accordé à l’expression, les effets de la crise sanitaire sur l'économie nationale et a décliné les axes prioritaires et les mesures urgentes à prendre pour assurer une relance efficiente.

« La pandémie de la covid-19, un vecteur de déstabilisation potentiel du système financier algérien » a titré El Watan la contribution du macroéconomiste, spécialiste des pays en post-conflits et fragilités Abdelrahmi Bessaha. « Cet article va d’abord clarifier certains concepts de base, notamment pour les lecteurs néophytes, présenter ensuite de façon synthétique le système financier algérien (SFA), passer en revue ses points faibles, analyser les impacts de la pandémie et mesurer les risques potentiels d’une crise bancaire. La dernière partie discutera des réformes à poursuivre pour éviter une crise systémique ».

En revanche Mustapha Hammouche a signalé dans sa chronique publiée sur Liberté que « de plus en plus, la réalité d’une dégradation tendancielle du niveau de vie des Algériens est perceptible ». « On serait tenté de mettre ces difficultés croissantes sur le seul compte de l’épidémie de coronavirus. Certes, le contexte sanitaire à ses effets économiques. Mais il est simplement venu aggraver une crise qui est le résultat de choix économiques structurants pris il y a vingt ans » a-t-il précisé. 

Le secteur de la santé est en train d’envoyer des signes loin d’être rassurants. « Certes, ce n’est pas une nouveauté, mais la situation est telle que les conséquences sont très dangereuses, et sur tous les plans » li-t-on sur Reporters.

Tour à tour des représentants des pharmaciens tirent la sonnette d'alarme sur une dramatique pénurie de médicaments qui atteint un degré jamais connu par le passé. Car, la pénurie est devenue presque courante dans les officines, mais pour arriver à 302 médicaments qui manquent dans les étals, ce n'est vraiment pas chose admissible. Où se situe exactement le problème de ces pénuries endémiques ? s’est interrogé Le Quotidien d’Oran.

De son côté, le président du Syndicat national des professeurs et chercheurs universitaires, le professeur Rachid Belhadj, chef de service de médecine légale au CHU Mustapha Bacha, à Alger, parle de «disparité» entre le nombre officiel des décès provoqués par la Covid-19 et la réalité, en expliquant sur El Watan  que les autorités ne comptabilisent que les cas confirmés par un prélèvement PCR. Dans l’entretien, il parle de « chiffres noirs, de déperdition de données et évoque aussi cet Observatoire des décès, censé avoir la mission de collecter toutes les données auprès des services de l’état civil pour avoir les causes de la mortalité en Algérie, qui est totalement absent, selon lui ».

 
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