La revue de presse d'Algérie en Mouvement du 14 Novembre 2020

 

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COVID-19

L’Algérie vit dernièrement un contexte de flambée de la Covid-19, des chiffres officiels record jamais enregistrés au pays ont été annoncés. La version officielle dit que « cette situation de rebond des cas de Covid-19 était prévisible en raison du relâchement observé chez des citoyens ne respectant pas les mesures-barrières, après une période de stabilisation durant le mois de septembre ». En revanche, plusieurs spécialistes et observateurs affirment que la situation n’a pas été maitrisée pour des raisons politiques.

Dans une vidéo postée sur Facbook, le Chef de service d'oncologie au centre Pierre et Marie -curie (CPMC), Pr Kamel Bouzid a déclaré que « le pouvoir est responsable de la hausse des nouveaux cas de Covid-19 constatée ces derniers jours, dans toutes les wilayas pratiquement ». Pour lui, la campagne du référendum sur la révision constitutionnelle est à l’origine de la recrudescence des cas de contamination par le coronavirus.

« L’hospitalisation puis l’exil du président Tebboune a durablement désactivé la chaine de décision administrative » estime le journaliste Ihsane El Kadi dans une analyse publiée sur Radio M. L’analyse est intitulée « La paralysie politique retarde un retour au confinement inévitable en Algérie ». « La tutelle militaire sur le pouvoir politique fonctionne pour les désignations clés, mais devient inopérante lorsqu’il s’agit de délivrer des mesures dans l’opérationnel de la gouvernance » a-t-il écrit

A cet effet, L’ex-président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), M. Said Sadi estime que l’ampleur de la pandémie de CIVID-19 en Algérie nécessite une mobilisation populaire pour faire face à la situation. Dans sa contribution « PANDEMIE ET POPULISME » publiée sur Facebook, Said Sadi affirme que « l’Etat est dépassé par les évènements. Une implication citoyenne dans la gestion de la crise sanitaire à travers la création des comités dans les quartiers et les villages est devenue un impératif, voire une urgence ».

Feux de forêts : entre complot et phénomène généralisé au monde

En plus de la crise sanitaire, des départs de feux de forêt ont été enregistrés samedi à travers plusieurs wilayas du pays, quasiment au même moment, dévastant forêts, couvert végétal, et récoltes, et causant de lourdes pertes en bétails et autres petits élevages de montagne, menaçant les zones d’habitation. Deux décès ont été déplorés et plusieurs blessés.

« Alors que la polémique enfle en Algérie : près de 58 000 foyers d’incendies détectés dans le monde, selon la NASA » c’est ainsi qu’a titré le site Interlignes Algérie son article à travers lequel il a essayé de démontrer que le phénomène des feux de forêts n’est pas propre à l’Algérie ». Cet article est intervenu lors d’une polémique sur les causes des 41 foyers d’incendies enregistrés en une seule nuit dans plusieurs wilayas du pays.

Pour beaucoup d’Algériens, l’incident était « une affaire politique ».

En revanche, le directeur d’études chargé de la réglementation, communication et contentieux à la DGF, Mohamed Abbas a expliqué dans un entretien accordé à El Watan, que « les conditions météorologiques ont été favorables au départ des feux ». « Ils se sont tous déclarés dans la région ouest et centre-ouest, qui a enregistré ces derniers jours des vents violents mais aussi un mercure élevé » a-t-il noté. 

 

« Échec de la feuille de route politique du régime »

Près de 15 jours après le référendum constitutionnel, les algériens analysent encore la situation politique notamment en l’absence du Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune. 

Après moins d’une année d’application, « la feuille de route fixée par la plus haute hiérarchie militaire, dans le sillage du hirak, a montré ses premières limites, et non des moindres » li-t-on sur le même quotidien. « D’abord à travers le vide institutionnel, né de l’absence et la maladie du président de la République depuis bientôt trois semaines. Et ensuite par le fiasco du référendum pour la révision de la Constitution » explique l’auteur.

Un point de vue partagé par Tahar Khalfoun, qui a titré sa contribution sur Afrique Du Nord, « Crédibilisation des futurs choix politiques et scrutins » . Selon lui, « pour neutraliser le hirak, le régime a engagé méthodiquement deux opérations politiques majeures : l’élection présidentielle du 12 décembre 2019 et le référendum constitutionnel du 1er r novembre dernier. Les deux opérations, rondement menées, se sont soldées par un cuisant échec puisque les Algériens les ont massivement boycottées. Jamais des consultations électorales n’avaient connu d’aussi faibles taux de participation ».

Sur les colonnes du quotidien El Watan, le politologue Rachid Grim analyse la situation politique post-12 décembre 2019. Il démontre, en tant qu’observateur avisé, un statu quo semblable à celui d’avant-février 2019, où le pouvoir déroule sa feuille de route sans tenir compte des oppositions. La maladie du chef de l’Etat, ajoute-t-il, ne risque pas de chambouler, pour le moment, les plans du pouvoir

Pour Abderrahmane Mebtoul, les défis de l’après-référendum sont de redonner confiance, une nouvelle gouvernance et un nouveau personnel politique. Sur L’Expression il dit que « le résultat très modestement positif du vote au référendum sur la révision constitutionnelle a démontré une fois encore le manque de confiance des citoyens, et donc la nécessité d'un aggiornamento politique d'envergure ».

« Pour consolider davantage la présence effective de la société civile et sa probable implication dans la gouvernance, il est opportun pour le mouvement associatif de mettre en valeur la diversité culturelle acquise à travers l'histoire millénaire de notre pays » conseille le sociologue et politologue, D. Reffas, sur Le Quotidien d’Oran.

Pour le docteur en philosophie politique, Ali Kaid, qui s’est exprimé sur Le Matin d’Algérie, « le but d’un président n’est pas l’organisation d’élections transparentes, mais d’être à l’écoute de la population et de continuer à représenter la majorité des électeurs ». Quant à l’activiste politique Fodil Boumala « quel que soit le président, il n’est qu’une  pâte à modeler  à travers laquelle l’armée et la police politique construisent la vitrine qu’ils veulent ». Sur Facbook il note qu’un tel président n’a pas aucun rôle que de « préserver la continuité du régime »

 

Les élections USA s’invitent en Algérie

Considérées comme un événement planétaire, les élections USA s’invitent en Algérie. Le duel Biden-Trump a inspiré les analystes et les journalistes algériens qui se sont exprimé sur ce bras de fer qui a débouché sur le départ de Donald Trump de la Maison blanche.

 

El Watan a titré une contribution de Abderrahim Bessaha, « Élection présidentielle aux États-Unis d’Amérique : Impact sur le monde et l’Algérie », cet article discute des programmes économiques des deux adversaires et évalue l’impact de ces derniers sur l’économie mondiale en général et l’économie algérienne en particulier.

Par ailleurs le sociologue Noureddine Bekiss s’est fendu d’une contribution sur la chute de Trump « le président qui s’est transformé en une menace d’un ordre mondial hautain ». « Les gouvernants arabes qui ont trahi la cause palestinienne recouvreront les masques du soutien trompeur, et nous retrouverons la fausse diplomatie mondiale qui exporte le massacre de notre monde arabe et promeut un type hypocrite de libertés. Il est certain que Trump a fait tomber les masques et dévoilé le monde dans sa véritable face. Le mandat de Trump n’a pas été un mandat ordinaire mais une occasion de voir la vérité en face, sans maquillages ni rafistolages. Un deuxième mandat de Trump aurait été un venin contre un système de gouvernance injuste » écrit le sociologue sur sa page Facebook.

Dans « L’Amérique, de Donald Trump à Joe Biden » publié sur Liberté, Lahouari Addi, souligne que « Donald Trump ne défend pas une idéologie ; il défend ses propres intérêts en instrumentalisant des idées de droite qui lui assurent des soutiens divers dans une société où certaines couches sociales ont peur du changement »