petit précis islamophobie ordinaireBurqa, viande halal, piscine non-mixte, terrorisme. Les polémiques autour de l'islam se sont succédées ces dernières années et l'islam est presque devenu un sujet tabou dans l'espace public français. Les musulmans de France sont devenus les acteurs d'un choc des civilisations à la française et certains d'entre eux ont vécu des épisodes directement islamophobes.

Nadia Henni-Moulaï en est convaincue, le rejet de l'islam en Europe n'est pas une cause, mais plutôt une conséquence de l'ignorance de l'islam. A travers une série d'anecdotes, l'auteure raconte les pérégrinations de Français de confession musulmane pris en tenaille entre préjugés tenaces ou caricatures infondées et s'attache à débusquer la bêtise manifeste de "ces islamologues de comptoir."

Si la montée de l'islamophobie est un fait prouvé en Europe, beaucoup de musulmans, comme Nadia Henni-Moulaï,  ont pris le parti de la dérision. Sans minimiser l'islamophobie, l'auteure renvoie à la face des ignorants la sottise dont ils font preuve et leur adresse aun message très clair : les musulmans doivent communiquer à propos de leur religion, et le Français lambda cultiver son jardin.

medecin oran guerre liberation
A travers le récit de la vie de Tami Medjbeur (1926-2005), médecin algérien basé à Oran et engagé dans le FLN, ce livre retrace le déroulement de la guerre d’Algérie depuis son déclenchement le 1er novembre 1954 à l’indépendance en juillet 1962.
 
Après une jeunesse heureuse dans l’ouest algérien, vient la prise de conscience des violences sociale, politique et humaine vécues par les Algériens musulmans dans le système colonial, et qui seront les germes qui conduiront à l’insurrection généralisée de la population puis au déclenchement de la guerre de libération.
 
L’ensemble des détails, notamment les deux années passées par Tami à la prison d’Oran au cours desquelles il est témoin des derniers instants de ses jeunes codétenus condamnés à mort et exécutés, ont été reconstitués à partir des notes ou écrits personnels de Tami Medjbeur réunis après sa mort.
 
Soraya Medjbeur Benyelles est née à Oran pendant la guerre d’Algérie. Pendant son enfance, elle a été imprégnée des récits qu’en faisait son père. Tout au long du long travail de reconstitution de ces évènements tragiques qui ont concerné sa famille, elle a tenu à les situer dans l’histoire de la guerre qui a concerné l’Algérie dans son ensemble et dans sa fidèle chronologie. Dans ce récit, elle s’est efforcée de rapporter les faits de la façon la plus proche de la réalité, en se servant du regard de ceux qui les ont vécus.

ces etrangers familiers
« J’aurais voulu écrire ces lignes en forme d’avertissement : Les personnages signalés dans ce livre sont tous morts depuis longtemps. Toute ressemblance avec nos contemporains est purement fortuite. Mais je ne le ferai pas. Car les pages qui suivent répondent à des questions que pose notre présent, à des préoccupations politiques, mais aussi morales, que suscitent les prises de position et les actions de ceux qui nous gouvernent, comme les convictions exprimées par certains courants de l’opinion publique, à l’égard de nos concitoyens musulmans, des immigrés issus des pays de l’Islam et de leurs descendants. Je prends donc le parti de l’anachronisme. »
 
C'est par ce propos que débute l'ouvrage de l'historienne Lucette Valensi, Ces étrangers familiers. Musulmans en Europe (XVIe-XVIIIe siècles). Cette étude historique se veut un coup de projecteur sur les relations quotidiennes entre les populations européennes et les musulmans en Europe de la Renaissance au siècle des Lumières. Car contrairement à une idée reçue le 20ème siècle ne marque pas le début de la forte présence des musulman en Europe. De la Moscovie à la Grande-Bretagne et des Pays-Bas à l'île de Malte, c'est par milliers qu'ils ont vécu au milieu des chrétiens dès la fin du Moyen-Age.
 
Sensible aux difficultés auxquelles font face les musulmans aujourd'hui, Lucette Valensi nous met en garde contre les menaces qu'islamophobie et xénophobie font peser sur les démocraties européennes et s'interroge aussi sur les limites de l'universalisme des Lumières quand, prétendant uniformiser nos sociétés au nom de la raison et de l'autonomie individuelle, il le fait aux dépens de la diversité des références culturelles partagées.

Ecouter Lucette Valensi sur "Concordances des temps" de Jean-Noël Jeanneney.

Lire l'interview de Lucette Valensi par Le Monde.

Un livre de Rachid Zeggagh préfacé par Mohammed Harbi

prison champ de bataillePrésentation de l'éditeur

De très nombreux livres ont été écrits sur la guerre d’Algérie, mais aucun n’a traité des années terribles qui ont concerné des milliers de prisonniers politiques en France pendant la guerre d’Algérie. L’auteur, plus jeune prisonnier FLN à Fresnes puis à Loos-les-Lille, parle aujourd’hui de ses cinq années d’incarcération douloureuse comme d’une bataille nourrie par l’idéal de l’indépendance de l’Algérie. Comment passe-t-on d’une famille analphabète des montagnes de Kabylie à la lutte anticolonialiste en France?
Comment les batailles pour l’information ont-elles été menées alors que les journaux étaient prohibés ?
De quel philosophe des lumières s’est inspiré l’auteur pour mettre en pratique une expérience démocratique en prison ? Où trouve-t-on la force nécessaire pour survivre à trois longues grèves de la faim pour obtenir le statut politique?
Quelles conditions ont permis de réussir à partir de 1959 l’alphabétisation de centaines de détenus? Quel a été le rôle des collectifs d’avocats et jusqu’où la Mission de France de l’Eglise a-t-elle soutenu les prêtres ouvriers solidaires ?
Sur toutes ces questions et sur bien d’autres encore, l’auteur, délégué élu par ses camarades détenus, livre son témoignage, ses réflexions et sa part de vérité.

Présentation de l'auteur

Au terme de ces combats, l’auteur a participé à la lutte menée par la Zone Autonome d’Alger contre l’O.A.S. et assuma de 1963 à 1965, la fonction de conseiller au bureau politique du FLN auprès de son secrétaire général Hadj Benalla, également président de l’Assemblée Nationale. A trente ans, il commença des études puis il obtint un doctorat d’Université en sociologie à Paris-Sorbonne.

Publisud éditions
ISBN : 978-2-36291-026-5     Prix Public T.T.C. : 29,80 €   364 pages
Disponible sur Decitre ou sur Price Minister.

 

Pierre Daum déconstruit, dans son livre-enquête "Ni valise ni cercueil" (Solin, Actes Sud), les discours convenus sur l’exil forcé des pieds-noirs l Assiya Hamza est allée à leur rencontre et raconte ses histoires algériennes dans "Mémoires d'enracinés" (Michalon)

Les chiffres : 200 000 Européens ont décidé de ne choisir «ni valise ni cercueil», mais bien de rester en Algérie, leur pays, après son indépendance. Le journaliste Pierre Daum explose la thèse des nostalgiques de l’Algérie française. Depuis un demi-siècle, les seules voix audibles sont celles des rapatriés de 1962, très présentes dans les médias et au travers d’associations très actives. «Aucune étude approfondie n’avait jusqu’à présent été entreprise sur le sort des Européens et des juifs restés en Algérie après 1962. Le livre de Pierre Daum constitue dès lors une grande première. De façon érudite et passionnante, l’auteur remet en cause plusieurs idées reçues à propos du départ des Européens d’Algérie. D’abord, bien sûr, celle de “l’arrachement” en quelques semaines de l’ensemble des membres de cette communauté», note Benjamin Stora dans sa préface.

Mêlant travail d’archiviste et de journaliste, Pierre Daum est parti à la rencontre des Français restés en Algérie. Certains partirent quelques années après 1962, d’autres des décennies plus tard et quelques centaines y vivent encore. Il en a tiré des portraits saisissants. Dans celui consacré au peintre Denis Martinez, ce passage croustillant : à un «artiste» qui s’étonne qu’il soit Algérien et qu’il ait gardé son nom, celui-ci réplique : «Cher monsieur, sachez que je n’ai pas choisi d’être Algérien, je suis Algérien. Comme tout le monde. Je suis né en Algérie, de parents et d’arrière-grands-parents nés en Algérie. J’appartiens à une réalité historique du pays. Je m’appelle Martinez, je suis Algérien et je vous emmerde.» Tout se résume dans ces lignes.

"Ni valise ni cercueil Pierre Daum", (Solin, Actes Sud)

Assiya Hamza aborde sa rencontre avec les pieds-noirs restés en Algérie à travers sa quête d’identité. «Je suis française d’origine algérienne, et ma double identité, c’est ma richesse. Mais que ferais-je à l’heure du choix, si choix il devait y avoir ? Emettre une préférence reviendrait à renier mon histoire. Et aussi celle de la France. (...) Cette introspection m’a mené sur les traces des pieds-noirs qui ont choisi de rester en Algérie au lendemain de l’indépendance. Un million d’hommes et de femmes se sont arrachés à cette terre l’été 62, très peu ont refusé de partir.

J’ai voulu savoir pourquoi ils avaient, eux, renoncé à l’exil et résisté à l’exode. Qu’aurais-je fait à leur place ?» Beaucoup plus intimiste, son livre questionne, relève les émotions discrètes. Elle rencontre Eliette, une habitante de Kouba, qui «s’adresse à l’Algérie en disant «tu» ou encore le professeur Jean-Paul Grangaud, pédiatre à Beni Messous, qui parle de son amour à son pays avec des mots émouvants de simplicité.

"Mémoires d’enracinés", Assiya Hamza, Michalon.

D'après un article d'El-Watan, paru le 20 mars 2012.