En juin 2018, s’ouvrira une rétrospective majeure consacrée au peintre Gustave Guillaumet, la première depuis 1899.  À cette occasion, les musées des Beaux-Arts de La Rochelle, de Limoges ainsi que le musée d'Art et d'Industrie A. Diligent/ La Piscine de Roubaix souhaitent emprunter un tableau essentiel de cet artiste, La Famine (1869). Retrouvé après de longues recherches en très mauvais état au musée Cirta de Constantine (Algérie), ce tableau doit être restauré en France pour un devis de 25 000 €.

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Qui est Gustave Guillaumet?

Le peintre Gustave Guillaumet (1840-1887) est l'une des figures les plus marquantes de l'orientalisme français. Pourtant, bien que très présente dans de nombreux musées de France, et dans les principales expositions consacrées à la peinture orientaliste des dernières décennies, son œuvre reste peu connue.

Né le 25 mars 1840, d’une famille de teinturiers dont les moyens lui permettent de se consacrer pleinement à son art, il découvre l'Algérie un peu par hasard alors qu'il devait s'embarquer pour l'Italie. Il est fasciné par ce qu'il y voit et consacrera sa vie à peindre ce pays qu'il est l'un des premiers artistes à avoir visité de façon intensive (11 séjours entre 1862 et 1884). Sa pratique de longs séjours et d'investigation systématique a généré une familiarité avec l'Algérie qui éclaire la tonalité particulière de son œuvre, tout à la fois exigeante, sensible et grave.               

                                               

Peintre, Guillaumet est aussi écrivain. Son œuvre écrite se compose d’une série d’articles parus dans la Nouvelle Revue à partir de 1879, et réunis en un beau volume illustré,Tableaux algériens, publié par Plon-Nourrit en 1888. 

Il meurt à 47 ans.

Un témoin unique

Témoin de la conquête de l’Algérie et de l’histoire coloniale, Guillaumet a consacré la totalité de son œuvre à ce pays du Maghreb, dans lequel il séjourne longuement, parcourant d’un bout à l’autre le Territoire militaire. Dans La Famine, il dénonce une situation dramatique, qui décime le pays entre 1866 et 1868 : un tiers environ de la population algérienne périt alors, touchée par les épidémies et la famine. En métropole, les pouvoirs publics et l’opinion sont alertés par ce "fléau" qui n’est pas seulement imputable à la sécheresse, mais aussi à l’extrême paupérisation des populations rurales algériennes, dans le cadre de la colonisation qui confisque leurs terres.                                      

Dans ce grand tableau où les figures sont peintes à échelle humaine, le jeune artiste dépeint ce motif avec les moyens de la peinture d’histoire, à la manière des Scènes de massacre de Scio de Delacroix, qu’il admire : révolté, il veut indigner le public et susciter sa compassion pour les victimes. Guillaumet est le seul peintre français à avoir tenté de figurer cet épisode tragique de l’histoire coloniale, en présentant son tableau au Salon de 1869.

                                 

Ce tableau jette une lumière nouvelle sur l’œuvre de Guillaumet, aujourd’hui connu surtout par une sage peinture de genre. Sa restauration permettra de restituer à l’Algérie un témoignage unique de l’un des moments les plus sombres de son histoire pendant la période coloniale, peint avec empathie par un artiste français témoin de ces événements. La présence au sein de l’exposition de ce grand tableau, qui révèle la composante romantique de la personnalité artistique du peintre, permettrait de lui rendre justice, en dévoilant un aspect de sa sensibilité à la domination coloniale.

Une exposition attendue

Ce grand tableau d’histoire, œuvre essentielle du patrimoine algérien, sera après sa restauration présenté en France à l’occasion de l’exposition « L’Algérie de Gustave Guillaumet » successivement à La Rochelle (8 juin - 17 septembre 2018), Limoges (19 octobre 2018 - 4 février 2019), Roubaix (printemps 2019) et Agen (été 2019) avant de retourner an Algérie où il fera l'objet d'une présentation exceptionnelle.