Le 19 mai 2014

Hassane Zerrouky réagit aux attaques envers la ministre de l'éducation algérienne, Nouria Benghabrit-Remaoun, concernant ses origines juives.

C'est à chaud que j'écris ce papier. Cela se passe chez nous. Je ne connais pas Nouria Benghabrit, la nouvelle ministre de l'Education nationale. Mais cette campagne antisémite primaire l'accusant d'être juive me révulse. Voilà où on en est dans ce pays qui s'appelle l'Algérie, qui a vu des militants communistes comme Maurice Laban (issu de la communauté juive de l'est algérien) qui, sans attendre la décision du Parti communiste algérien, avait rejoint l'ALN dans les Aurès pour combattre le colonialisme. Un homme à qui Mustapha Ben Boulaid, un des membres fondateurs du FLN, qui le connaissait personnellement, lui avait demandé de mettre son expérience - Laban était un ancien des brigades internationales en Espagne - au profit des jeunes combattants de l'ALN.

D'autres Algériens issus de la communauté juive algérienne installée en Algérie avant l'arrivée de Okba ibn Nafaa - William Sportisse, Daniel Timsit et j'en passe - et ce, sans compter Henri Alleg venu d'Angleterre très jeune pour combattre le colonialisme français et qui était resté jusqu'à la fin de sa vie habité par l'Algérie.., ont sacrifié leur jeunesse pour certains et leur vie pour les autres pour ce pays qui s'appelle l'Algérie. Et oui, même s'ils n'étaient pas nombreux, il y avait parmi le million de chahid des juifs, des chrétiens, des communistes, des athées...

Ainsi, plus de 50 ans après la fin de la guerre d'indépendance, on continue encore de colporter un discours raciste, oubliant le sacrifice de ceux issus de la communauté juive qui sont aussi Algériens que ceux qui se revendiquent de l'arabe-salafisme ou de ceux - pour moi ils sont Algériens - d'origine européenne, morts pour l'indépendance de l'Algérie. Faut-il rappeler que dans le "staff" de l'émir Abdelkader il y avait deux juifs ?

Si des ignares, et ils le sont, nourris au salafisme, se permettent de telles insanités racistes, c'est parce que le pouvoir politique depuis la politique dite de réconciliation nationale leur permet d'occuper des espaces que par ailleurs il a interdit à la pensée rationaliste. Quant au nouveau ministre de la Communication qui a affirmé qu'il traquerait la diffamation, il a là l'occasion de joindre l'acte à la parole: traduire en justice ceux qui appellent à la haine.

Hassane Zerrouky, le 8 mai 2014
Source : Le Matin DZ

Commentaire de Daniel Gall, membre du Forum France-Algérie :

La réponse de Hassan Zerrouky est nécessaire et peut-être pédagogique, mais insuffisante. Ce n’est pas parce que des juifs ont combattu le colonialisme que les attaques contre une juive ( qu’elle le soit ou non, cela n’a pas d’importance)  sont inacceptables. C’est parce qu’il s’agit de la manifestation élémentaire du racisme, celle qui consiste à juger une personne sur ses origines. En France, nous rappelons souvent la contribution des peuples de l’ex-empire au développement et à la défense de la France, mais cela permet de mettre en valeur ces héros, de les insérer dans le « roman national », de montrer qu’ils sont « nous » parce qu’ils partagent notre histoire. Mais ce n’est pas cela qui fonde le refus des discriminations. C’est simplement parce qu’un homme est un homme, quelle que soit son origine.


Le 9 août 2013

Réflexion sur l'islam et la laïcité

Suite à une proposition du Haut Conseil à l'Intégration d'interdire le port du voile islamique à l'université, Karim Amellal, auteur et enseignant à Sciences po et défenseur du multiculturalisme, se questionne sur le sens initial du mot laïcité et sur les dérives de son application. La laïcité, pilier de notre démocratie, repose sur trois principes (non-intervention de l'Etat dans les affaires religieuses, liberté de culte et égalité des cultes) , mais aujourd'hui seul le deuxième semble primer. A cela Karim Amellal voit 4 explications : la conjoncture économique actuelle qui favorise la stigmatisation de l'autre, la radicalisation de l'islam dans certaines régions du monde, l'essoufflement de la religion prédominante en France et la nouvelle visibilité de l'islam comme source de solidarité pour les plus démunis. Dans cet article, Karim Amellal met en garde le lecteur contre l'utilisation de la laïcité comme prétexte à l'islamophobie et au racisme.

Télécharger l'article
Source : MediaPart

Le 11 juillet 2013

Le chroniqueur Akram Belkaïd décortique les faiblesses de la démocratie et se prononce en faveur d'une réforme structurelle.

Résumé de l'article :

Dans cet article, l'auteur pointe les faiblesses de la démocratie. L'actualité (en Egypte et en Tunisie notamment) nous montre que les processus électoraux n'engendrent pas nécessairement la satisfaction du peuple. Selon Belkaïd, ces failles ne s'observent pas seulement à l'échelle du Maghreb, mais aussi dans les pays dits développés où la perte de confiance de la population envers les politiques est manifeste.

Pour corriger ces failles, l'auteur émet la possibilité de revenir sur un vote si l'élu est déclaré comme défaillant par la majorité. Belkaïd souligne le fait que l'élection ne doit pas être vue comme la bénédiction que le peuple donne à l'élu pour une longue période ni comme quelque chose d'acquis et sans contrepartie. L'élu doit garantir au peuple ce qu'il lui a promis. Belkaïd reconnaît néanmoins que les moyens pour mettre en oeuvre cette démocratie du "recall" (les pétitions notamment) n'ont été jusqu'à présents que peu efficaces. Il préconise le recours à des moyens institutionnels forts tout en admettant que la mise en place de la démocratie du "recall" est un processus délicat du fait que la transition démocratique est seulement amorcée dans ces pays.

Télécharger l'article.
Source : Blog d'Akram Belkaïd

Le 10 juillet 2013

Une chronique de Sadek Sellam

Résumé de l'article :

Au lendemain de la nomination controversée de Dali Boukabeur à la tête du CFCM (Conseil français du culte musulman), l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis s’interroge sur les liens flous entre le CFCM et les sphères politique et économique et souligne les difficultés de mettre d'accord les partisans de l'islam marocain et ceux de l'islam algérien. Dali Boukabeur sera t-il capable d'endosser le rôle de président d'un nouveau CFCM, plus enclin à l'équité, la transparence et l'écoute de la communauté musulmane de France ? Voici les questions soulevées par Sadek Sellam, historien de l’islam contemporain et auteur de nombreux ouvrages dont La France et ses Musulmans : un siècle de politique musulmane (1895-2005).

Télécharger l'article.
Source : Site web de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis.