La revue de presse d'Algérie en Mouvement du 23 Janvier 2021

 Par Lynda Abbou

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Le projet de révision de la loi relative au régime électoral, préparé par la commission Laraba et soumis aux formations politiques pour avis, présente quelques nouveautés, dont certaines de taille, par rapport au texte de 2016.

Selon un article de Radio M qui cite le constitutionaliste Ahmed Betatache, « La loi électorale a été fusionnée avec la loi relative à l’autorité indépendante pour l’organisation des élections, qui n’avait aucun fondement constitutionnel ». Selon le juriste, ce texte consacre ce que la constitution disposait concernant la « subordination de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) », «un paradoxe majeur » a signalé Ahmed Betatache, puisque tous les membres de l’autorité sont nommés par le président de la République, président de l’autorité exécutive. « Ainsi elle est devenue une administration de l’autorité exécutive » a-t-il précisé.

« En conséquence, l’organisation des élections a été transférée d’une administration (ministère de l’Intérieur, wilayas et communes) à une autre administration qui est l’ANIE » a-t-il indiqué.

« La révision de la loi électorale, telle que proposée, favorise les partis traditionnels, et plus particulièrement ceux de l’ancienne majorité présidentielle qui ont cristallisé la colère du hirak du 22 février dernier » note le quotidien El Watan.

« Le contrôle et la traçabilité des financements destinés aux campagnes électorales occupent une grande partie des modifications apportées au projet de révision de la loi portant régime électoral. Quelque 30 articles traitent du financement de la campagne électorale, de l’origine des fonds à leur utilisation en passant par le plafonnement des dépenses » rapporte le même journal.

Des condamnations qui choquent l’opinion !

En plus de l’actualité liée au sujet de la révision électorale, les affaire en justice des dossiers du Hirak ont préoccupé les Algériens. La condamnation de la militante Dalila Touat a choqué l’opinion.  « Pour beaucoup d’Algériens, la contestatrice Dalila Touat, condamnée lundi à 18 mois de prison ferme par le tribunal de Mostaganem, est née dans le sillage de la formidable vague du 22 Février 2019 qui a permis  à de nombreuses personnes de se faire connaître par leur combat pour une Algérie démocratique fondée sur les libertés et la justice sociale. Mais, il n’en est rien » a noté Liberté.

Selon le même journal, dans sa plaidoirie, la défense s’est attelée à démontrer que, comme l’écrasante majorité des procès des animateurs du Hirak, celui intenté contre Dalila Touat n’avait rien de juridique mais tout du politique.

Mémoire, le chemin reste encore long ..

Six mois après avoir été missionné par le Palais de l’Élysée pour formuler des propositions en mesure de mettre fin à “la paralysie mémorielle” qui empoisonne les relations franco-algériennes, l’historien Benjamin Stora a achevé son rapport et l’a remis dans la semaine au président français Emmanuel Macron. Le document de 150 pages comporte une trentaine de “préconisations” qui visent, selon son auteur, à mettre fin aux dénis sur la guerre d’Algérie et à réconcilier les mémoires des deux côtés de la Méditerranée.

Des "actes symboliques" sont envisagés mais il n'y aura "ni repentance ni excuses", a indiqué mercredi l'Elysée, à la suite de la remise dudit rapport. « Stora émet 22 recommandations dont le retour des harkis » a titré le quotidien Liberté. « Le rapport Stora envisage ainsi de « voir avec les autorités algériennes la possibilité de faciliter les déplacements des harkis et de leurs enfants entre la France et l’Algérie » rapporte le journal.

Dans un entretien accordé à Liberté,  le chercheur en histoire, Mohamed El-Korso laisse entendre que « le chemin reste encore long pour parvenir à une véritable réconciliation des mémoires ». Pour lui, « la France veut faire de la question des harkis un problème fondamental. Une espèce de nœud gordien entre les deux pays. En mettant l’accent sur les harkis, on essaie, en fait, de nous mettre, nous Algériens, en position d’“accusés”, en ce sens que si demain le dialogue des mémoires traîne et n’avance pas, l’alibi sera vite trouvé du côté français, en pointant du doigt la responsabilité de l’Algérie qui aura refusé de “faciliter les déplacements des harkis et de leurs enfants entre la France et l’Algérie”, tel que le préconise le rapport Stora».

 
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